Philippe Beury
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Quel avenir pour le MoDem ? Réponse à "Fleur de Lotus"...
mercredi, 17 mars 2010
/ Philippe Beury

Dans un commentaires sur l’édito de lundi dernier sur auboisementcorrect AZINCOURT : à quoi sert aujourd’hui la politique ?... "Fleurs de Lotus" reproche à Philippe Beury, vice-président du MoDem de l’Aube, sa non-implication dans la campagne de Marie Grafteaux-Paillard... Je lui réponds.

« En tout cas, merci encore à Philippe Beury pour son "soutien" au Modem, de sa "présence" et sa "mobilisation" auprès de Marie Grafteaux Paillard, c’est tellement rare de pouvoir compter sur des "amis"......  »

Chère fleur de Lotus,

Sans vouloir polémiquer, mais votre commentaire ressemble quand même à un début de polémique, je vous apporte quelques précisions (que vous connaissez sans doute déjà !)

J’ai plusieurs fois, avant puis après les élections Européennes de 2009, fait part de mes réserves quant à la forme de la mobilisation du MoDem (dans l’Aube et au niveau national). je suis même allé à la dernière université d’été du MoDem pour m’en expliquer et proposer autre chose... Sans succès ! Un grand ténor de notre mouvement, répondant à une de mes propositions en la traitant de « ridicule »... Qui est « ridicule » aujourd’hui ?

Au cours d’une assemblée générale du mois de juin 2009, j’ai longuement exposé mes « critiques » sur notre stratégie électorale, expliquant pourquoi je pensais qu’elle aboutirait à une impasse…

Cette critique n’était pas une critique gratuite, elle se basait sur l’analyse de mon échec aux élections municipales. Cette campagne de 2008 fut assez réussie, avec grande affiche 4x3, 6 journaux dans les boîtes aux lettres, des dizaines de milliers de tracts distribués, une présence active sur les marchés, une permanence vivante, des réunions de quartier, des réunions « Tupperware », un site internet au top de ce que l’on peut faire… Beaucoup d’énergie dépensée, beaucoup d’amis passant énormément de temps, un bel engagement… tout cela pour n’obtenir que 12% des voix, un beau résultat certes, mais un résultat bien au-dessous de nos espérances ! Car cette belle campagne n’était pas en phase avec l’électeur. Nous racontions peut-être une belle histoire mais pas celle que nos électeurs avaient envie d’entendre. Nous nous échinions à dire des choses qui n’intéressaient pas du tout notre cible… Résultat nous n’avons convaincu que peu de monde, et les votes étaient loin de refléter la déception des troyens vis-à-vis du maire sortant…

Cette forme d’action politique, que j’appelais, vous vous en souvenez peut-être « faire plus de la même chose » correspond à ce que font toutes les formations politiques depuis 50 ans ! « Comment pouvez-vous affirmer “faire de la politique autrement” si vous faites exactement la même chose que vos concurrents, la même chose qu’hier... » disais-je alors…

Après cette campagne municipale il y a eu la campagne de Barak Obama aux États-unis, campagne novatrice, exceptionnelle par l’implication des citoyens, la mobilisation de tous, la prise en compte de la place de chacun. En prenant exemple sur cette campagne, je pensais qu’un mouvement comme le MoDem, avec son socle d’idées novatrices, ne pouvait prospérer qu’en changeant de forme d’action.

Malheureusement l’élection Européenne prouva que nous nous attachions encore à des formes d’actions surannées… Résultats, nous sommes passés de 18.57% des voix à la présidentielle à 8.46%...

Continuer sur cette voie ne pourrait que nous conduire à d’autres déboires. Je l’ai dit au MoDem de l’Aube en juin dernier, lui proposant de changer de forme d’action. On m’a alors répondu que j’avais tort, qu’il fallait distribuer plus de tracts, plus d’affiches, faire plus de réunions… On m’a dit, ce soir-là, qu’il fallait imiter l’action du PC et de ses militants zélés, présents sur les marchés et à la sortie des usines… Ce PC passé de 35% des suffrages après guerre à 4% !

On n’a pas voulu alors discuter de mes propositions. Je suis démocrate et j’admets les décisions de mon mouvement… On est donc reparti, «  comme en 40 » pour des régionales qui «  marqueraient notre sursaut et notre renouveau  »… On l’a vu le sursaut… 5% dans l’Aube. 500 voix à Troyes où nous avions 2000 voix aux municipales…

J’ai développé, au sein de Troyes puissance 10 une autre forme d’action. C’est difficile, mais nous progressons, lentement mais sûrement. J’ai donc continué mon travail ici, organisant, avec quelques succès, une réunion sur les « poubelles nucléaires » rassemblant pratiquement toutes les forces politiques auboises, à l’espace Argence le 19 novembre dernier.

Parallèlement nos élus, au conseil municipal de Troyes, tentaient, avec quelques succès ici aussi, de changer la forme de leur opposition… rassemblant souvent derrière eux la totalité de l’opposition (à l’exception des néofascistes) et faisant parfois évoluer la majorité...

Si je n’ai pas participé à cette campagne régionale c’est d’abord parce que, vu mon actualité personnelle, cette participation n’aurait sans doute pas été très porteuse… C’est aussi, parce que dans un mail daté du 23 décembre, MGP m’a demandé de ne plus rien publier sur sa campagne dans Auboisementcorrect… C’est enfin parce que mes appels ou mes demandes de rendez-vous n’ont jamais reçu de réponse concrète…

Je le comprends. Je comprends que ceux qui ne veulent pas changer de stratégie politique ne veuille pas que je participe… J’aurais ailleurs eu des difficultés à le faire ! Mais ce n’est pas maintenant qu’il faut me le reprocher !

Alors maintenant le temps n’est pas aux règlements de compte… Les procès staliniens n’ont jamais fait progresser le PC. Les idées de François Bayrou méritent plus que des chamailleries. Pour le soutenir, pour soutenir nos idées, nous devons changer de tactiques, changer de méthode… Je suis volontaire pour mener ce changement dans l’Aube. D’ici aux cantonales nous pouvons renaître… à condition de ne pas se voiler la face sur les causes de nos échecs et de, vraiment, changer la politique… Raterons-nous encore beaucoup de trains avant de comprendre ?

Il y a deux solutions. Soit accepter de continuer comme nous le faisons depuis 2007 et, les résultats ci-dessous le démontre, nous n’existerons plus dans deux ans, soit changer de méthode pour faire de la « troisième voie » un chemin pour la France... Soit continuer à exclure ceux qui « pensent autrement » pour se faire plaisir entre-nous (en étant toujours moins nombreux entre-nous), soit reconstruire et gagner... N’êtes-vous pas lassé de perdre ?

Ce ne serait pas la première fois qu’un mouvement qui a les bonnes solutions pour son pays n’arrive pas à percer électoralement... J’ai la faiblesse de croire, pourtant, que le déclin n’est pas inéluctable... Construisons notre succès, gagnons...